Monsieur le Président,
En tant que Président du CNFPT vous avez écrit au domicile des 2000 agents de l’Etablissement pour leur dire votre interprétation de la loi du 19 Février 2007.
Elle est en rupture avec la réalité que nous vivons.
La loi de démembrement du CNFPT du 19 Février n’était ni attendue, ni souhaitée par une majorité d’entre nous : elle dévitalise le statut, s’en prend à nos carrières et menace immédiatement et à terme nos emplois au CNFPT. Vous avez soigneusement évité tout débat à son sujet au sein du CNFPT.
Votre « défense » du CNFPT a pour conséquence que nous n’organiserons pratiquement plus de concours ni ne serons impliqués dans les questions d’emploi et qu’avec le DIF (20h/an) c’est la casse d’une politique publique de prépa-concours et donc un coup porté aux concours internes. Et les FIA vidées de leur contenu, et l’avenir des Enact et de l’Inet ? Notre syndicat, avec la CGT, a suffisamment développé ses argumentaires, chacun est au courant.
Ce qui est beaucoup plus alarmant et même de manière brûlante, c’est la situation des personnels des CIC et de l’emploi, que vous n’évoquez même pas. Que deviennent leurs postes, leur savoir-faire, leur avenir professionnel et familial (plus de 120 agents) ?
Le « contexte plus ouvert » à venir, nous le dénonçons, c’est l’axe d’attaque dissimulé de la réforme, le choix de la concurrence, de la marchandisation de la formation, de la marginalisation de l’outil public qu’est le CNFPT. Comme pour la santé et la culture, nous combattons le « tout privé » des instances européennes actuelles contre l’héritage français d’éducation et de formation publiques.
Depuis deux ans, le CNFPT n’a pas de boussole. Aujourd’hui, subitement, vous annoncez un plan d’orientation et de formation. Comme pour les organigrammes bâclés des structures, passés à la hussarde en CTP et appliqués contre les avis paritaires ! Vous appelez le personnel a être plus réactif et plus présent dans les territoires. Encore faudrait-il que la charge de travail le permette, que les innombrables et paralysants contrôles et dispositifs qui s’empilent l’autorisent, et que le renforcement des équipes soit examiné. Rappelons que depuis deux ans, il y a blocage dans ce domaine alors que les soldes budgétaires s’accumulent. Qui bloque ? L’intersyndicale vous a saisi pour une entrevue.
Vous appelez enfin à la mobilisation de tous au service des collectivités. Le CNFPT n’est-il plus au service du fonctionnaire et de sa carrière ? Dans l’immédiat, nous vous demandons de ne pas démobiliser le personnel par le mépris de ses représentants, comme pour les négociations sur le régime indemnitaire avec l’intersyndicale. Le rattrapage du RI en valeur est-il acquis ou non (25 % perdu depuis 1992 !!!). Epargnez nous les médiateurs, les manipulations de chiffres qui se terminent par moins 12 % soit la moitié de notre dû.
Epargnez au personnel l’humiliation d’un encadrement tenu par des primes individualisées, au mérite, c’est à dire à la tête.
La dégradation de nos conditions de travail est une réalité quotidienne de toutes nos structures. Aucune n’y échappe, on peut prévoir des incidents. Nous sommes dans notre rôle de vous le dire, et d’être en désaccord avec le contenu en trompe l’œil, trop marketing, de votre courrier qui ne correspond en rien à la situation institutionnelle nouvelle, plus préoccupante, du CNFPT depuis le 20 Février.
Notre syndicat vous assure de sa détermination et vous adresse ses salutations distinguées.
Le Bureau du Syndicat CGT Du Personnel Du CNFPT Réuni à Bordeaux le 14 Mars 2007
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