Syndicat CGT du personnel du CNFPT
CTP DU MARDI 20 MARS 2007

Déclaration commune des syndicats CFDT, CFTC, CGT, FO UNSA du CNFPT

vendredi 23 mars 2007

Monsieur le président, Mesdames, Messieurs, cher(e)s collègues,

Face aux défis qui lui sont imposés, on pouvait s’attendre à ce que le CNFPT s’inscrive dans une dynamique et qu’en tant que service public, il mette ses bénéficiaires - les territoriaux et leur collectivité employeur - et ses agents au centre de ses préoccupations.

La direction de l’établissement se montre en fait plus soucieuse de ménager, voire de conforter, quelques appétits corporatistes que d’engager une démarche collective, ouverte, sous-tendue par le dialogue avec les syndicats. Elle privilégie une approche étriquée, autoritaire et clientéliste qui fait qu’elle se polarise sur le système lui-même, jusqu’à en ignorer ses finalités et ses acteurs.

En s’abstenant de donner au Siège un rôle fédérateur et en demandant aux services et aux structures d’en faire toujours plus, sans que les personnels directement concernés ne soient en mesure de s’interroger sur les objectifs visés, elle en oublie (sciemment ou inconsciemment ?) que tout établissement public qui ne se préoccupe pas de ses bénéficiaires comme de ses agents, est inéluctablement entraîné dans une spirale de régression.

Le malaise collectif présent dans chacun des services et entités de l’établissement, est lié au fait que nous constatons que le CNFPT est actuellement tiré vers le bas. Nous en sommes d’autant plus conscients que notre autonomie et nos marges de manœuvre sont de plus en plus encadrées, limitées, contrôlées et que nos conditions de travail se détériorent.

C’est, en effet, peu à peu, un modèle productiviste, caractérisé par une lourdeur des procédures, une hiérarchisation et un cloisonnement des activités, qu’on nous impose. Cette dérive gestionnaire et bureaucratique nous éloigne de plus en plus de nos missions fondamentales.

Une fallacieuse stratégie, notamment de communication, masque la mise en place de ce modèle pyramidal et hiérarchisé, minimaliste en terme de service public qui, en renvoyant à l’univers impersonnel de la règle, de la directive, de la consigne, ne peut qu’engendrer irresponsabilité et démotivation.

Soucieux de nos missions d’intérêt général, de notre établissement et de notre avenir professionnel qui ne s’appuie toujours sur aucun plan de formation et aucun référentiel métier, nous avons de plus en plus de mal à supporter le mépris qui nous est porté, tout comme l’enclavement et le délitement de nos pratiques professionnelles ainsi que le poids d’informations uniquement descendantes.

La refonte du régime indemnitaire, conduite de façon caricaturale et idéologique par la direction, est révélatrice du manque de considération qu’elle porte à la majorité d’entre-nous.

Sa dernière décision, unilatérale, la conduit ainsi, contrairement à ce qui a été acté lors de la médiation et par le Conseil d’administration, à attribuer une prime exceptionnelle (sans tenir compte de la seconde prime annoncée de même montant qui n’est qu’hypothétique…) de 220€58 et ce, en lieu et place de l’augmentation du régime indemnitaire revendiquée par l’ensemble des organisations syndicales. Cette prime ne représente en fait qu’un « généreux » rattrapage sur deux ans - 2006 et 2007 - de 9€19 mensuels par agent… Certains privilégiés de l’établissement, qui, au titre du seul régime indemnitaire, perçoivent, peu ou prou, 15 fois cette somme quotidiennement (plus quelques avantages accessoires…), ne trouvent pourtant rien à redire à la manœuvre !

Les méthodes employées pour contourner et bafouer l’action syndicale, n’étant plus supportables, nous avons décidé à l’unanimité comme nous l’avions d’ailleurs évoqué, de boycotter, à compter de ce jour et jusqu’à nouvel ordre, les Comités techniques paritaires (CTP). Nous continuerons en revanche à siéger aux Commissions administratives paritaires (CAP) qui intéressent immédiatement et directement les agents.

Nous ne prendrons part à nouveau aux CTP que lorsque que :

  1. le président ROSSINOT aura accepté de nous rencontrer.
  2. nous serons associés à une concertation sur la situation de nos collègues dont les missions liées à l’emploi ont autoritairement été transférées par la loi.
  3. nous aurons l’assurance que la direction est disposée à mettre en œuvre, sous l’égide d’au moins un élu administrateur, une négociation avec les syndicats signataires de la présente déclaration, sur les conditions d’exercice des droits syndicaux au sein du CNFPT, négociation qui devra aboutir à la conclusion d’une convention après consultation du Comité technique paritaire.
  4. il sera fait droit à nos légitimes revendications, validées par le médiateur et le Conseil d’administration, concernant la revalorisation du régime indemnitaire forfaitaire.

Merci de votre attention.

Ont signé :

Henri DOERR, secrétaire général de la CFDT
Jacques VANNET, secrétaire général de la CFTC
Alain BERNARD, secrétaire général de la CGT
Frédéric GUIGON, secrétaire général de FO
Chantal ZEMMOUR, secrétaire générale de l’UNSA


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