A la fois méconnue et appréciée des français, la Fonction Publique Territoriale se diversifie et se renforce depuis des années suite à la première décentralisation. Elle va devoir gérer deux questions nouvelles : la deuxième décentralisation et le papy boom. Deux occasions, de se renforcer en restant fidèle à sa personnalité : libre administration des collectivités et statut républicain.
Les mesures gouvernementales vont dans un sens opposé toutes inspirées par des conceptions ultra-libérales de dérégulation de l’emploi et des institutions.
La démarche du Gouvernement rejoint celle du MEDEF « d’assouplir » l’emploi, de s’attaquer au Code du Travail et aux statuts. Par exemple, en vidant de son contenu la gestion paritaire. Au delà d’une apparente clarification des rôles et des missions entre CNFPT et CdG, elle s’inscrit dans un processus de dérégulation systématique et de libéralisation « à l’Européenne » des services publics.
Présentée comme technique et innovante, à la demande de « tous les courants d’élus locaux », cette loi est profondément destructrice de service public. Elle fait le choix très politique de s’en prendre aux droits des fonctionnaires quant à leur carrière, leur statut, leur formation, au détriment du service public pour tous les citoyens, demain.
1/ Depuis trente ans, la formation professionnelle en France est gérée paritairement. Depuis 1984 et la décentralisation, ce principe régit les institutions territoriales, CNFPT et Conseil Supérieur. Tout en maintenant les apparences, de fait, tout ce qui est stratégique en matière de gestion statutaire passe aux mains des seuls employeurs.
Pour le CNFPT, les transferts vers les CdG sont significatifs
Pour le Conseil Supérieur :
L’équilibre paritaire actuel est donc volontairement rompu, c’est le non dialogue, avec la perspective de conflits, de pourrissement des situations, etc.
2/ Mais, ces mêmes élus seront pris dans un cercle vicieux.
Le projet de loi détruit systématiquement tous les éléments de régulation nationale de la Fonction Publique Territoriale.
La logique d’administration purement locale, c’est le règne des relations contractuelles et le pouvoir discrétionnaire assurés.
Les formations initiales (post concours) désormais appelées « Formations d’intégration » servent à se forger une carrière efficace et durable. Elles vont être réduites à la portion congrue dans un objectif d’adaptation à l’emploi (et non d’acquisition de connaissance des « fondamentaux » du service public). Au motif de rationaliser les cursus, la « réforme » s’en prend à la maîtrise de sa carrière par le fonctionnaire. En filigrane s’annonce la fin du réseau des Ecoles du CNFPT.
En conclusion, cette loi ne crée pas, elle détruit. Elle fait régresser la F.P.T. qui, par un effort collectif de formation et d’élévation de niveau de ses interventions a rattrapé en audience et en qualité de prestations la F.P. d’Etat.
Le projet de loi casse la logique de carrière et réduit un fonctionnaire bridé à une logique d’emploi. Les élus auront à terme des outils administratifs et techniques moins performants. C’est une méthode connue pour inciter à des privatisations, utilisée contre d’autres services publics, EDF-GDF, France Telecom, la Poste.
Ce n’est pas de la Modernisation mais de la régression pour les salariés/fonctionnaires (précarité, dépendance) et pour les usagers (course à la rentabilité).
Casser un outil qui fonctionne, c’est lourd de conséquences :
* Le CNFPT, depuis 10 ans a répondu à des critiques, souvent excessives, par un travail de fond. Diversification de ses formations, mise en relation de l’emploi, des concours et des formations, cellules d’observation et de prospective de la FPT, gestion budgétaire serrée, professionnalisation poussée des Centres Interrégionaux de Concours (CIC). Il est pris aujourd’hui comme cible pour agir, au delà de l’Etablissement, contre le système républicain de la carrière, en vigueur depuis 1996.
* Le choix idéologique de casse est à mettre en parallèle avec les privatisations, (EDF/GDF, les autoroutes ...). Il entraînera pour le CNFPT :
Le mouvement de marchandisation de la formation publique et la mise en concurrence systématique (ce qui relève du DIF) n’est bon pour personne.
Une logique de précarité et de flexibilité, la fin annoncée du recrutement par concours dans la F. P. T., c’est une première étape pour un démantèlement demain de toute la Fonction Publique.
Nous demandons : · Le maintien et la simplification du statut · Respect des concours et des compétences · Respect du fonctionnaire, acteur et citoyen
Le développement et la non casse des institutions qui marchent
· CNFPT et Conseil Supérieur · Paritarisme et dialogue social
Le développement et non la casse de nos formations · Droit à la formation sur le temps de travail · Préservation des préparations au concours interne et à l’ascenseur social au sein de la F.P.T.
Oui à une fonction publique au service des citoyens Non au projet de loi Hortefeux-Sarkozy et à l’alignement des collectivités françaises sur le système de l’emploi « Européen ».
Site réalisé avec SPIP 1.9.1 + ALTERNATIVES